~ La Chute ~

La Chute de la Maison dArgent ~

 La_Tour_Blanche

….

Au Sein Même du Pouvoir , Les Corps Rongent la Veine ,

L’Esprit a Bien de la Peine , A Digérer l’Avoir ,

La Mort Sent ses Couloirs , Salue Cette Mise en Scène ,

Fous les Valets de l’Arène , Se Battent dans un Mouchoir .

~

Chacun Songe au Grand Soir , A Force de Perdre Haleine ,

Rêve aux Diamants de la Reine , Au Lustre de son Manoir ,

Les Coups Bas vont Pleuvoir , Chaque Maison se Déchaine ,

Où Loge la Mauvaise Graine , Le Chêne vit sans le Savoir.

~

Aux Secrets du Tiroir , la Clef Reste Souterraine ,

Ce Bas Monde nous Entraîne , Au Fin Fond du Placard ,

Ici se Terre l’Histoire , Loin de la Magie du Frêne ,

L’Oeil y Combat l’Ancienne , Compas dans le Regard .

~

Hors la Lumière sans Phare , N’a Rien d’une Raison Saine ,

L’Echec si Mate Amène , un Libre Cours d’Espoirs ,

Deux Tours sans le Vouloir , Ouvrent en Saison Lointaine ,

Comme Epiphénomène , Une Faille aux Reflets Moire .

~

NéO~

 

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§ 17 réponses à ~ La Chute ~

  • marie-ne dit :

    ha ben celle là, je l’attend de pieds fermes ;)ainsi que ton écrit, qui je le supposes va suivre sous le titre..??!!??

    • Drenagoram dit :

      Et bien Marie , t’es en Avances sur ton Temps ,
      Même pas le Temps d’écrire , te Voilà suivre le Cours ,
      En Effet il y aura un Ecrit , quelques Lignes en Hors
      Sur ce Théme qui vaut le Détour ,
      Ces Quelques Rimes demandent Efforts ,
      Et Bien des Heurts Au Monde Vivant.
      NéO~

      bye , je te tiens au Courant 🙂

  • Drenagoram dit :

    La chute de la Maison Europe

    Article du Temps

    Eugène

    Et si les dieux facétieux avaient déréglé, il y a longtemps déjà, le calendrier maya et volé dans les plumes de l’Histoire? Une uchronie carnavalesque avec Christophe Colomb, Hernan Cortés, Rodrigo Borgia, Dieu le Père en guest star et Quetzalcóatl en meneur de revue

    Biographie d’Eugène
    En l’an de grâce 1492, Leonardo da Vinci n’avait pas encore peint sa Joconde; on imprimait des livres depuis trente ans et un Borgia venait d’être élu pape.

    Le 3 août de cette année-là, trois caravelles quittèrent le port espagnol de la Huelva. Têtu comme une mule basque, le capitaine prétendait rejoindre le Levant par le Ponant et donc arriver en Inde en ligne droite. Soudain, un mirage se profila à l’horizon. Un marin grimpa jusqu’à la hune du grand mât. «De l’or! beugla-t-il. Pyramide en or droit devant.» A ces mots, les matelots, les officiers et le capitaine se précipitèrent sur le pont. Effectivement, une fabuleuse pyramide d’or dérivait sur l’océan. Elle était peuplée d’indigènes couverts de plumes multicolores.

    Aucun pilote ne tenant plus le gouvernail, la proue de la Pinta percuta la Niña qui, par ricochet, s’encastra dans le flanc de la Santa Maria. Ni une ni deux, les trois caravelles coulèrent par le fond. On raconte qu’en se noyant, Christophe Colomb soupira: «Cabrón! C’est pas comme ça que je voyais l’avenir…» Nul ne sut à quoi il faisait référence.

    Les cinq cents passagers de la pyramide étaient des enfants aztèques. Huit lunes plus tôt, Quetzalcóatl, le redoutable Serpent à plumes, leur était apparu en rêve. Il leur avait ordonné de quitter la capitale Teotihuacan et de marcher vers le soleil levant, où une montagne les attendrait. Les cinq cents dirent au revoir à leurs parents, se parèrent de plumes de perroquet, emportèrent quelques sacs de fèves de cacao pour le troc, puis ils partirent. Ils marchèrent deux lunes. Parvenus au bord de la Grande Eau, ils aperçurent la montagne. C’était une pyramide d’or, flottant au bord de la plage. Qui avait accompli pareil miracle? Dans quel but? Les cinq cents enfants n’en savaient rien. Mais l’idée de désobéir à Quetzalcóatl leur parut encore plus effrayante que le mirage s’étalant devant eux. Ils embarquèrent.

    La traversée se déroula comme par enchantement. Des centaines de poissons gros comme des séquoias et crachant des jets d’eau par la tête poussèrent la pyramide. Enfin, le 3 août 1492, elle entra dans le port de la Huelva.

    Comme en ce temps-là les informations circulaient à pied ou à cheval, il fallut près de trois mois pour que la nouvelle se répandît en Europe. Peu à peu, les universités, les cours royales et les duchés ne parlèrent plus que de cela. D’où sortaient ces enfants parés de plumes multicolores? Venaient-ils d’Eden? Dieu offrait-il cette montagne d’or aux chrétiens pour financer une belle guerre?

    Isabelle de Castille, reine d’Aragon, Sicile et quelques menus confettis, décréta que la montagne lui revenait de plein droit. Rodrigo Borgia ricana et édicta une bulle décrétant que tout ce que Dieu donnait aux chrétiens était la propriété exclusive du Vatican. En entendant cela, Charles VIII faillit en bouffer sa collerette. On décida donc d’envoyer des émissaires à Huelva pour parlementer avec les enfants du paradis.

    Entre-temps, les Aztèques s’étaient noués d’amitié avec un petit vagabond nommé Hernan Cortés. Hernan apprit aux Aztèques ce qu’était un cheval, à quoi servait une roue et comment tirer des boulets de canon sur des ânes, pour rigoler. De leur côté, les Aztèques lui firent goûter un bol de chocolat au miel, puis ils jouèrent avec des petites balles faites en une matière élastique nommée «caoutchuc».

    Une fois les émissaires arrivés, Hernan conseilla habilement les Aztèques. Ceux-ci confirmèrent être les enfants d’Eden et déclarèrent que la montagne d’or était un divin présent qui irait au plus croyant.

    Aussitôt, les rois et les reines se déclarèrent «plus pratiquants que le Christ». Pour les départager, le pape proposa d’organiser une controverse au collège Saint-Georges de Valladolid. Hélas, au bout d’une matinée de débats, les doges giflèrent le pape qui envoya un fauteuil au visage de Maximilien de Habsbourg qui planta sa dague dans la cuisse de Charles VIII. On se déclara la guerre. La bataille eut lieu en décembre 1492, non loin du Vatican, au lieu-dit Campo dei maiali.

    Les Lansquenets châtrèrent un nombre appréciable de Français; les Suisses achetés par les Milanais prouvèrent leur foi en plantant de belles hallebardes dans la panse des Espagnols. La boucherie dura six jours. Six cent soixante-six mille soldats périrent et jamais autant de rois ne disparurent en si peu de temps. Le septième jour, les survivants incendièrent le Vatican et réglèrent son compte au Borgia. En apprenant ces nouvelles, les gens désertèrent les villes. Les laboureurs se cachèrent dans les grottes. La peur et les corbeaux se déposèrent sur l’Europe. Seul le petit Hernan glapissait de joie au sommet de sa montagne d’or.

    Le soir de Noël, l’âme du Borgia monta au Ciel. Il exigea qu’on le menât à Dieu. Saint Pierre y consentit. Et Rodrigo Borgia vit le Seigneur. Celui-ci n’était pas seul d’ailleurs: à sa table dînaient un homme tenant la foudre, un barbu avec un turban, un danseur à quatre bras. Mais le plus étonnant était le serpent à plumes qui se tenait à la droite du Seigneur.

    – Pourquoi as-tu provoqué pareille destruction? hurla l’âme du Borgia.

    – Si je n’étais pas intervenu, plaida Dieu, plus de vingt millions d’Aztèques seraient bientôt morts à cause des massacres des Européens et des maladies qu’ils leur transmettraient sans le savoir. A cela s’ajouteront les millions d’Incas. Un siècle plus tard, les Européens enverront des Africains par bateaux entiers pour travailler comme esclaves aux Amériques. Quel Dieu d’amour aurais-je été si j’avais toléré une telle apocalypse?

    – Mais ces peuples ne croient pas en toi! protesta Rodrigo Borgia.

    – Ils croient en mes amis; et je mange avec eux chaque soir, gronda Dieu. J’ai donc sacrifié une poignée de roitelets et quelques armées pour calmer les ardeurs dominatrices.

    – Mais pourquoi précisément l’année où je deviens pape? C’est trop injuste.

    – Mon collègue à plumes, dit-Il en désignant Quetzalcóatl, m’a expliqué que son peuple a deux calendriers, un lunaire et l’autre solaire, qui coïncident tous les 52 ans. Les Aztèques appellent cette période un faisceau d’années. Selon eux, la fin des temps est programmée pour 2012. Quetzalcóatl et moi avons décidé d’intervenir dix faisceaux plus tôt.

    – Ce qui correspond à 1492, murmura le Borgia.

    Aucun des Aztèques ne put rentrer à la maison. Dès 1493, ils se mêlèrent à la population locale. Quelques-uns moururent de la variole, mais les autres grandirent, se marièrent et fondèrent des familles à Madrid, Paris, Bruges ou Vienne. Peu à peu, un Nouveau Monde émergea en Europe. Quant à la pyramide d’or, elle sombra dans le port de la Huelva. On raconte que chaque matin, Hernan plongeait au fond de la rade pour tenter d’arracher une pépite.

    Source

  • Drenagoram dit :

    Ce que cache l’arrestation du majordome du Pape

    Par Jean-Marie Guénois
    Mis à jour le 27/05/2012 à 22:46 | publié le 27/05/2012 à 20:25

    Le majordome Paolo Gabriele (au premier plan) avec le pape Benoît XVI, place Saint-Pierre à Rome, le 23 mai. Crédits photo : ALESSANDRO BIANCHI/REUTERS

    Paolo Gabriele, homme de confiance de Benoît XVI, n’est sans doute que le maillon d’un réseau de « taupes ».

    L’Évangile raconte que la pièce du Cénacle où se trouvaient enfermés les apôtres le jour de la Pentecôte fut secouée par un étrange tremblement quand «l’Esprit Saint», promis par le Christ, descendit sur eux. Benoît XVI a évoqué ce passage biblique, ce week-end à Rome, mais il est apparu fort «attristé» par un tremblement d’une autre nature. Il est provoqué, au Vatican, par les révélations de lettres confidentielles personnellement destinées au Pape. Elles ont été publiées dans un livre paru, il y a une semaine, en Italie – Sa Sainteté, les papiers secrets de Benoît XVI, par Gianluigi Nuzzi, Édition Chiarelettere – non encore disponible en français. Des lettres et des documents reproduits, in extenso, qui semblent avoir été, en partie, dérobés par son majordome personnel, Paolo Gabriele. Il a été trouvé, en effet selon le Vatican, en possession de «documents illégaux».

    Cet homme de confiance – s’il en est pour occuper un tel poste – a été arrêté mercredi dernier. Il est dans une «pièce sécurisée» de la gendarmerie du Vatican car il n’y a plus de prison depuis longtemps au Saint-Siège. Laïc, père de famille de 46 ans, il est en attente d’une instruction et d’un procès sous l’égide de la justice du plus petit État du monde. S’il dispose de deux avocats, le secret total est prévu pour toute la procédure – instruction, procès, sentence. Ce qui pourrait pousser ce ressortissant italien à saisir, pour sa défense, la justice de son pays, compliquant une affaire déjà passablement obscure.

    Consternation
    En attendant, à Rome, c’est la consternation. La semaine dernière a été marquée par les révélations contenues dans ce livre. Elles mettent essentiellement en cause la gestion du Vatican par le numéro 2 du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État. Elles ont déjà provoqué, vendredi, le limogeage du président de la banque du Vatican, l’IOR (l’Institut pour les œuvres de religion), un laïc, Ettore Gotti Tedeschi. Puis, cette arrestation – seulement annoncée samedi – de Paolo Gabriele. Sans compter d’autres arrestations qui devraient intervenir cette semaine. Une femme, laïque, fonctionnaire du Vatican, est dans la ligne de mire. Des prélats pourraient être aussi inculpés. Mais pour eux, rien ne devrait filtrer à l’extérieur du Vatican.

    Consternation, également, à propos de la personnalité de Paolo Gabriele. Cet homme rangé, élégant et discret, recruté sous Jean-Paul II pour ce poste sensible, était depuis son élection en 2005 au petit soin pour son successeur, Benoît XVI. Présent de son lever le matin à 6 h 30 à son coucher, toujours à ses côtés lors de ses voyages et déplacements, il était, avec ses deux secrétaires particuliers, des prêtres, l’un des rares à être en contact personnel et permanent avec le Pape. Au Vatican, il était très estimé et respecté comme un serviteur sans histoire. D’où une immense incompréhension.

    «Tout le monde le connaît au Vatican. Il y a un sentiment de surprise et de douleur ainsi que de grande amitié envers sa famille, qui est aimée. Nous souhaitons qu’elle puisse surmonter cette épreuve», a confié samedi le père Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican. Un autre religieux qui le connaissait particulièrement bien pour avoir été son confesseur est formel: «Paolo Gabriele aime tellement le Pape qu’il ne le trahirait jamais.» Il ajoute: «Je connais Paolo depuis des années et si les accusations étaient fondées, alors ce ne serait plus possible de croire en qui que ce soit. Je l’ai suivi spirituellement et je peux témoigner que j’ai trouvé en lui une personne aimant l’Église et très dévouée aux papes.» Ce religieux qui tient à garder l’anonymat conclut: «Ce qui se passe est incompréhensible pour moi parce que tout le monde au Vatican avait de l’estime pour Paolo, je n’ai jamais entendu dire du mal de lui ou des ragots sur son compte et vous pouvez me croire, c’est plutôt rare car malheureusement dans notre environnement, il arrive souvent d’entendre des médisances.»

    «Impuissants devant trop d’injustices»
    Comme dans les mauvais romans policiers, les yeux sont donc aujourd’hui rivés sur ce «majordome» du Pape. Tout le monde sait pourtant, au Vatican, si sa culpabilité est avérée, qu’il ne peut être qu’un des maillons d’exécution de détournement de la correspondance privée destinée au Pape. Et qu’il ne peut pas en être le cerveau. Ce mentor, l’auteur du livre en question, Gianluigi Nuzzi, ne le connaît même pas. Il a seulement rencontré l’un des membres de ce réseau secret qui était, lui, chargé de remettre l’ensemble des documents au journaliste pour alimenter la substance de son livre.

    Nuzzi rapporte d’ailleurs ce témoignage clé qu’il met dans la bouche de son contact pour rendre compte de la motivation de ce groupe: «Nous nous sommes retrouvés, vivant ou travaillant au Vatican et avons compris que nous partagions la même perplexité, les mêmes critiques. Nous étions frustrés de nous trouver impuissants devant trop d’injustices, d’intérêts personnels, de vérités cachées. Nous sommes un groupe qui veut agir. (…) Personne ne connaît tous les autres. (…). Quand ces documents seront publiés, l’action de réforme commencée par Benoît XVI connaîtra une inévitable accélération.»

    Source

  • Drenagoram dit :

    Le nouveau pouvoir des francs-maçons

    Mots clés : Franc-Maçonnerie

    Par Vincent Nouzille

    Mis à jour le 09/12/2012 à 13:00 | publié le 07/12/2012 à 13:32

    La franc-maçonnerie compte 150.000 membres. Crédits photo : LA VIE/C. BOISSEAUX/LAVIE-REA

    Le retour aux affaires des socialistes, après dix ans d’absence, est une excellente nouvelle pour les obédiences maçonniques, au premier rang desquelles le Grand Orient de France, qui entendent bien peser à nouveau sur le débat politique. Mais discrètement… Décryptage.

    «Nous voulons refonder l’école de la République. Et nous voulons refonder la République par l’école!» En cette soirée du 16 novembre, debout derrière le pupitre de l’orateur, dans le grand temple Groussier du Grand Orient de France (GO), au siège parisien de l’obédience, rue Cadet (Paris IXe), Vincent Peillon, le ministre de l’Éducation nationale, sait que l’assistance, composée essentiellement de francs-maçons, lui est acquise. Sans notes, ce philosophe de formation plaide durant une trentaine de minutes pour le retour d’un pouvoir spirituel républicain – celui de la connaissance et d’une certaine «morale laïque» – dont les enseignants seraient les messagers. «L’école doit surmonter la crise de l’avenir et celle de l’identité nationale», lance le ministre avec fougue. Dans le temple, les frères et sœurs écoutent avec ferveur ce discours d’un «profane» qui leur va droit au cœur. Sans être franc-maçon, Vincent Peillon a beaucoup écrit sur la pensée de Ferdinand Buisson, le bras droit du frère Jules Ferry, père de l’instruction publique en France, et sur Pierre Leroux, un franc-maçon défenseur d’un socialisme fraternel et spiritualiste dans les années 1848-1870. «Peillon partage nos valeurs, c’est un maçon sans tablier», se réjouit l’un des invités de cette soirée.


    Vincent Peillon, invité du Grand Orient, le 16 novembre 2012. Crédits photo : JEAN-ERICK PASQUIER
    Après le ministre, d’autres orateurs, dont deux anciens Grands Maîtres du GO, Patrick Kessel et Jean-Michel Quillardet, entonnent des couplets lyriques sur les mérites de la laïcité, se félicitant du nouveau souffle venu de la Rue de Grenelle depuis le mois de mai. En tant qu’inspecteur de l’Éducation nationale, Alain Seksig, lui-même affilié au GO, plaide de son côté pour une formation des enseignants à la laïcité. «Monsieur le ministre, ne cédez pas sur les principes», lance pour finir le Grand Maître actuel du GO, José Gulino, avant de clore la séance, ravi de cette conférence exceptionnelle. Vincent Peillon n’est pas la seule personnalité de gauche à s’afficher ainsi au GO, redevenue l’obédience phare de la maçonnerie française ces derniers mois. Le GO attend notamment la visite rue Cadet, le 9 décembre, de Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale. Les propos de celui qui se présente comme un profane – mais que beaucoup de frères voient comme un de leurs soutiens – seront probablement appréciés. Petit détail révélateur: lors de son élection au perchoir en juin dernier, une trentaine de députés «initiés» ont été mobilisés dans les dernières heures. En coulisses, le fabiusien Philippe Guglielmi, élu de Romainville, patron de la fédération PS de Seine-Saint-Denis, terre d’élection de Bartolone, et ancien Grand Maître du GO (de 1997 à 1999), a manœuvré pour favoriser l’élection de son ami. «Je ne démens pas», s’amuse ce colosse affable quand on l’interroge sur cet épisode.

    Le Grand Orient, marqué à gauche, retrouve des couleurs
    La gauche revenue au pouvoir, les francs-maçons pavoisent. Pour Philippe Guglielmi, pas de doute, l’heure est à la reconquête. «Nous avons loupé pas mal de rendez-vous ces dernières années, sur les thèmes de la laïcité et de la lutte contre l’extrême droite, il est temps de réagir», confie-t-il. Élu Grand Maître du GO en septembre, pour un court mandat d’un an, José Gulino, un solide socialiste du Pas-de-Calais, est sur cette ligne. Il ne fait pas mystère de sa volonté de peser sur la scène politique quel que soit le sujet, du mariage gay au projet de loi bancaire, de la réforme de l’État à celle des institutions. Il veut même envoyer des «cahiers de doléances» républicaines aux élus.

    «Concrètement, le GO marque des points», constate Patrice Hernu, animateur du club inter-obédientiel Dialogue et Démocratie française, qui a vainement tenté d’organiser des débats avec tous les candidats durant la campagne présidentielle. Le GO a réussi à les torpiller, préférant faire venir les candidats rue Cadet…

    Naturellement, ce retour en grâce n’a pas la même force qu’en 1981, lors de l’élection de François Mitterrand. À l’époque, les piliers de l’équipe Mitterrand – de Charles Hernu à Pierre Joxe – étaient des «frères trois points» et le Grand Maître du GO, Roger Leray, appelait les ministres directement au téléphone pour donner ses consignes. «Cette ère est révolue et l’influence politique des francs-maçons, après avoir atteint des sommets sous la IIIe République, n’a cessé de décliner», estime l’historien Roger Dachez, président de l’Institut maçonnique de France. L’abandon du projet du grand service public unifié de l’éducation, après les manifestations monstres en faveur de l’école libre en 1984, a douché les frères. François Mitterrand, formé chez les pères maristes, n’a finalement guère donné suite aux injonctions des obédiences.

    Jacques Chirac, petit-fils d’un Vénérable d’une loge du GO, était plus sensible aux idées défendues chez les maçons. Son successeur Nicolas Sarkozy a, quant à lui, soufflé le chaud et le froid à l’égard des frères: ses envolées de campagne en 2007, citant des figures historiques de la République, ont été en partie inspirées par Alain Bauer, ancien Grand Maître du GO de 2000 à 2003 ; en revanche, ses discours de Latran (2008), de Grenoble (2010) et ceux de la dernière présidentielle empruntaient davantage au registre catholique de son conseiller Patrick Buisson. «Nous avions de bons contacts avec Sarkozy grâce à Bauer, mais le retour des thèmes de la droite dure ne pouvait que nous déplaire», résume Jean-Michel Quillardet.


    Claude Bartelone, un ami des frères. Crédits photo : Sébastien SORIANO/LE FIGARO/Sébastien SORIANO/LE FIGARO
    Avec Hollande, les francs-maçons se sentent plus à l’aise. «C’est vrai, nous reprenons un peu d’air», confie l’ancien ministre socialiste de l’Emploi Jean Le Garrec, frère du GO et président du Cercle Ramadier, qui fédère près de 1500 francs-maçons de gauche. Animateur de l’Alliance villes emploi, qui regroupe des élus sur ce thème, Le Garrec a récemment fait la tournée de ministres amis – Michel Sapin, Marylise Lebranchu, Benoît Hamon – et il en est ressorti confiant: «Nous comprenons que la crise est profonde, qu’il faut changer nos manières de penser, c’est pourquoi nous voulons nourrir cette réflexion, sur l’État ou l’économie», dit-il, confiant dans les capacités de François Hollande.

    Le président peut compter, en retour, sur l’appui du GO et de la majorité de ses 52.000 membres. Alors que Ségolène Royal ou Martine Aubry, jugées distantes, agaçaient dans les loges, Hollande rassure. Le candidat du PS était d’ailleurs venu «plancher» rue Cadet le 22 novembre 2011. Une visite très appréciée. La présence de nombreux frères et sœurs dans l’entourage du président renforce ce climat favorable. Durant sa campagne, Hollande était secondé par des fidèles, dont certains, comme Jean-Marie Cambacérès, énarque de la promotion Voltaire, ou François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, sont des frères. Son actuel conseiller politique, Aquilino Morelle, aurait été initié au GO, une rumeur que ce dernier balaie avec amusement: «Je n’ai jamais été initié, si ce n’est par quelques jeunes femmes, il y a déjà malheureusement trop longtemps…» Christophe Chantepy, le directeur de cabinet de son premier ministre Jean-Marc-Ayrault, fait également partie des frères. Sollicité sur le sujet, il n’a pas réagi.

    Une demi-douzaine de ministres sont maçons, sans l’avouer
    Parmi les membres du gouvernement, une bonne douzaine sont présumés francs-maçons, mais seule une petite moitié d’entre eux l’avouent à demi-mot. Quelques-uns ne répondent pas, comme Marylise Lebranchu, Stéphane Le Foll ou Alain Vidalies. D’autres démentent formellement, tels le ministre du Travail Michel Sapin, bien qu’il soit en phase avec les idéaux des loges, ainsi que Benoît Hamon, George Pau-Langevin ou Michèle Delaunay. De son côté, Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, proche du GO, explique qu’il «ne peut pas répondre» aux questions sur le sujet. Initié de longue date, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, se contente d’un «no comment» diplomatique, ne souhaitant pas s’exprimer sur ses «convictions personnelles». Même réponse de Victorin Lurel, ministre délégué à l’Outre-Mer, membre du GO. Quant à Jérôme Cahuzac, qui reconnaît participer à des «tenues» et dont plusieurs sources au GO attestent son appartenance à cette obédience, il répond joliment, dans une formule très maçonnique: «La courtoisie, et même l’esprit de chevalerie, oblige à ne pas démentir ni à confirmer.»

    Plus étonnant, la radicale de gauche Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée chargée de la Décentralisation, bien connue à la Grande Loge féminine de France (GLFF), esquive le sujet en nous déclarant d’abord qu’elle ne se sent «pas compétente pour répondre à cette question», avant de dire qu’elle ne souhaite pas s’exprimer! À l’inverse, Manuel Valls est l’un des rares à assumer son affiliation passée. Son entourage confirme son initiation au Grand Orient en 1988 et sa fréquentation des loges jusqu’en 1996. «Il a ensuite quitté la franc-maçonnerie, faute de temps et d’intérêt», précise l’un de ses conseillers.


    Manuel Valls et Jean-Yves Le Drian, deux initiés du gouvernement. Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro
    Mais l’importance de la maçonnerie ne se mesure pas seulement au nombre de ministres initiés, dont la liste ne peut être officielle ni exhaustive. C’est aussi une affaire de réseaux, d’hommes clés dans les ministères ou au Parlement. «L’influence des maçons se développe de manière diffuse, par capillarité, parce qu’on retrouve beaucoup de frères dans les cabinets ministériels, les administrations et les milieux politiques», estime Emmanuel Pierrat, avocat initié au GO et coauteur avec Laurent Kupferman de Ce que la France doit aux francs-maçons… et ce qu’elle ne leur doit pas (First éditions, 2012). Résultat: des connivences naissent dans les loges, des informations circulent et des petits services s’échangent. La solidarité obligée et le secret maçonnique (voir encadré page 40) que partagent les francs-maçons nourrissent, par conséquent, un certain copinage invisible, souvent au détriment de profanes, privés de ces clés d’influence. Bien introduit dans les cénacles de gauche, le GO possède, en ce domaine, quelques longueurs d’avance.

    Les ministères de l’Intérieur et de la Défense, deux fiefs maçons
    Rue de Grenelle, on l’a vu, Vincent Peillon est très inspiré par les idées défendues dans les loges. L’un de ses plus proches conseillers politiques, Marc Mancel, qui officie aux côtés de George Pau-Langevin, la ministre chargée de la Réussite éducative, serait membre du GO. Parmi d’autres «frères» influents à l’Éducation nationale, figure également l’ancien recteur Christian Forestier, qui fut directeur de cabinet de Jack Lang au ministère de 2000 à 2002. Administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers et membre du Haut Conseil de l’Éducation, il coprésidait le comité de pilotage des rythmes scolaires instauré par Luc Chatel et il a été nommé en juillet parmi les quatre animateurs de la concertation sur l’école par Vincent Peillon.

    Place Beauvau, Manuel Valls est en phase avec une administration où l’appartenance aux loges est réputée pouvoir accélérer les carrières. «Sous l’Empire, 90 % des commissaires de police étaient maçons. Cette proportion a diminué pour atteindre environ 10 % aujourd’hui», estime Alain Bauer, criminologue de profession et coauteur de nombreux ouvrages sur la maçonnerie. Lorsque Nicolas Sarkozy dirigeait le ministère de l’Intérieur, il avait justement recours aux «lumières» du frère Bauer, nommé en 2003 président du conseil d’orientation de l’Observatoire national de la délinquance. Claude Guéant, considéré comme plus proche de la Grande Loge nationale française (GLNF), obédience spiritualiste, n’a pas dérogé à cette règle Place Beauvau, s’appuyant quand il le fallait sur les réseaux maçonniques, notamment au sein des syndicats de policiers et de la préfecture de police de Paris.

    Manuel Valls, épaulé par son conseiller Yves Colmou, autre initié au GO, peut compter sur son passé maçonnique pour conforter son assise. «Il n’en a pas besoin pour asseoir son autorité politique», avance l’un de ses conseillers. Mais l’un de ses meilleurs amis, croisé naguère chez les jeunes rocardiens, demeure Alain Bauer, auprès de qui il continue de puiser régulièrement quelques conseils. La nomination de Renaud Vedel, ancien bras droit du préfet de police de Paris Michel Gaudin, comme directeur adjoint de cabinet de Valls, ne serait pas sans rapport avec l’appui dont il a bénéficié de la part de Bauer. Ce dernier, en expert, résume: «La franc-maçonnerie a peu de pouvoir réel ; en revanche, elle a une grosse capacité de résistance. Elle peut faire échouer à peu près tout!»

    Le climat est similaire au ministère de la Défense, où les obédiences se livrent, traditionnellement, à des bagarres de prés carrés. «Difficile de nier l’influence maçonnique à l’hôtel de Brienne, siège du ministère», s’amuse l’initié Patrice Hernu, fils de l’ancien ministre de Mitterrand. L’arrivée de Jean-Yves Le Drian et de son directeur de cabinet Cédric Léwandowski, deux frères, au ministère a fait jaser dans les loges. Cédric Léwandowski possède un réseau étendu, constitué au fil de sa carrière: il a, entre autres, travaillé comme conseiller au groupe socialiste à l’Assemblée, chargé de mission auprès du frère député Christian Pierret, chef de cabinet du frère Jean-Jacques Queyranne à la mairie de Bron, assistant parlementaire puis collaborateur du ministre de la Défense Alain Richard, chef de cabinet du président d’EDF, le frère François Roussely, et membre du groupe de réflexion sur la recherche stratégique piloté en 2007 par le frère Alain Bauer. Un CV très maçonnique – que l’intéressé ne commente pas – qui explique en partie sa nomination comme bras droit de Jean-Yves Le Drian!

    Le Grand Orient a repris le contrôle de la Fraternelle parlementaire
    Le Grand Orient peut surtout se targuer d’avoir des relais très solides au Parlement. Historiquement contrôlée par le GO, la Fraternelle parlementaire, appelée Frapar, qui réunit 410 membres de toutes obédiences, dont 150 députés et sénateurs (les deux tiers sont à gauche), avait été récupérée en 2009 par la GLNF, obédience rivale, grâce à l’élection à sa présidence de Bernard Saugey, sénateur UMP de l’Isère. Sous sa houlette, la Frapar s’est un peu réveillée, déposant ses statuts officiels et multipliant les auditions transpartisanes, notamment sur la bioéthique ou la fin de vie. L’échéance triennale du mandat de Saugey et l’arrivée d’une majorité de gauche, au Sénat puis à l’Assemblée nationale, ont sonné la fin de l’ère UMP-GLNF. Le GO a tout fait pour récupérer la présidence de cette fraternelle très politique. Une bataille gagnée discrètement. Lors de l’assemblée générale, le 13 novembre, le député PS du Nord, Christian Bataille, membre du GO, qui avait déjà piloté la Frapar, a été élu président, avec cinq voix d’avance, face à Pascale Crozon, députée PS du Rhône.

    Des intermédiaires aux confluents des loges et du PS
    En coulisses, plusieurs ex-parlementaires ont fait basculer quelques voix. Parmi eux, le septuagénaire Guy Lengagne, membre du GO, officiellement à la retraite à Boulogne-sur-Mer. «Cela m’embêtait un peu vis-à-vis d’une femme éminente, mais je me suis activé pour Bataille», reconnaît l’ex-ministre de la Mer de Mitterrand. Plus vaillant que jamais, l’ancien sénateur centriste Henri Caillavet, qui file sur ses 99 ans, a aussi écrit au même moment à ses collègues de la Frapar pour les inciter à reprendre le combat. «Nous vivons des instants quasi révolutionnaires, a plaidé le nonagénaire. Nous changeons de société. (…) Sans doute, la Fraternelle organisera des débats pour tenter, malgré les oppositions philosophiques et politiques, un texte recueillant autant que faire se peut un grand nombre de nos amis. Je songe à l’énergie, aux injustices sociales et la nécessité de revenir à une plus juste égalité.» Un vrai programme de travail…

    Par ailleurs, la composition du nouveau bureau de la Frapar a donné lieu à de savants dosages, afin qu’y figurent les députés socialistes Pascale Crozon, Pascal Terrasse, Olivier Dussopt, Brigitte Bourguignon, Odile Saugues, le sénateur socialiste Claude Domeizel et la sénatrice PS Michèle André. Des petits strapontins ont tout de même été laissés à deux sénateurs UMP, Sophie Joissains, élue des Bouches-du-Rhône, et Christophe-André Frassa, représentant les Français de l’étranger.

    Un autre initié discret figure dans l’organigramme de cette fraternelle: il s’agit d’Alain Simon, au titre du collège des hauts fonctionnaires. Cet homme méconnu est au carrefour de plusieurs sphères de la gauche et de la franc-maçonnerie: ancien des cabinets ministériels de Pierre Mauroy et Christian Pierret, secrétaire adjoint du groupe socialiste à l’Assemblée nationale de 1995 à 1997, actuellement contrôleur général à Bercy, Alain Simon est membre du Cercle Ramadier. Il est surtout l’un des 35 membres du Conseil de l’Ordre du GO, autrement dit son comité de pilotage. Beaucoup d’initiés de la rue Cadet prédisent qu’il sera candidat en septembre 2013 pour succéder comme Grand Maître à José Gulino. Proche du pouvoir, Alain Simon peut d’ores et déjà compter sur quelques poids lourds du GO pour son élection.

    En attendant cette montée en puissance d’Alain Simon, d’autres intermédiaires s’activent. Alain Bauer ayant perdu le rôle de relais entre les francs-maçons et le pouvoir qu’il tenait sous Sarkozy, c’est Philippe Guglielmi, patron des socialistes de Seine-Saint-Denis, qui officie, en concurrence avec le profane Jean Glavany. Il a fait entrer au PS l’ancien Grand Maître Guy Arcizet, en poste jusqu’à septembre dernier. Ami de Claude Bartolone et lui-même membre de la Fraternelle parlementaire – en tant qu’ancien suppléant d’Elisabeth Guigou -, Guglielmi a surveillé de près l’élection de Christian Bataille. Avec un autre ancien Grand Maître, Patrick Kessel, il avait aussi préparé la venue de François Hollande rue Cadet en novembre 2011. Les déclarations faites sur place par le candidat socialiste en faveur de la constitutionnalisation de la loi de 1905 n’ont guère surpris Guglielmi et ses camarades: ils les avaient en partie téléguidées… Cependant, cette promesse est loin d’être tenue.

    La constitutionnalisation de la loi de 1905 pose problème
    La franc-maçonnerie a des alliés. Mais elle n’a pas tous les pouvoirs. Reçus secrètement en octobre par le secrétaire général de l’Élysée Pierre-René Lemas, grâce à l’entremise de Jean Glavany, José Gulino et quelques dignitaires du GO se sont vu rétorquer que la constitutionnalisation de la loi de 1905 se heurtait à deux obstacles. Juridique d’abord: il est délicat d’inscrire dans la constitution un texte qui coule dans le marbre la séparation des Églises et de l’État et prévoit des exceptions comme le concordat d’Alsace-Moselle. Politique ensuite: remettre en cause le concordat reviendrait à froisser nombre d’électeurs et d’élus dans les régions concernées.

    Or l’Élysée redoute déjà que les scrutins territoriaux de 2014 soient une bérézina pour la gauche au pouvoir… «Il faut aider le président de la République à comprendre qu’on peut contourner ces obstacles», plaide Gérard Contremoulin, un frère socialiste du GO, anciennement proche du frère Jean-Luc Mélenchon, ardent défenseur du projet. Cependant, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a expliqué, lors de l’inauguration de la grande mosquée de Strasbourg, le 27 septembre, que le gouvernement restait attaché au régime concordataire. Bref: le projet de constitutionnalisation de la loi de 1905 aura bien du mal à voir le jour, même si José Gulino continue d’y croire urbi et orbi.

    En revanche, les loges se sentent revigorées par d’autres batailles en cours. Celui du «mariage pour tous» en fait partie. Promotrices – au nom de l’égalité – de cette ouverture de droits pour les couples du même sexe, certaines obédiences sont prêtes à soutenir le projet de loi sur le sujet. Quitte à faire un peu de surenchère. Les déclarations du cardinal André Vingt-Trois, début novembre, traitant le mariage gay de «supercherie» ont notamment déclenché les foudres du GO.

    Les tentations hégémoniques du GO agacent ses alliés
    En voyage à l’étranger, José Gulino a dicté aussitôt un communiqué dénonçant «les positions arriérées et obscurantistes» et «les amalgames violents et haineux» du président de la Conférence des évêques de France. Effet boomerang: ce communiqué très anticlérical a d’abord chagriné… les autres obédiences maçonniques, qui espéraient un peu plus de concertation! «Le GO a une tentation hégémonique, que ses entrées dans le monde politique renforcent très nettement en ce moment», se lamente-t-on dans plusieurs obédiences. «Les religions ont le droit d’exprimer leurs points de vue. Et nous aussi, mais pas dans l’anathème», précise de son côté Catherine Jeannin-Naltet, la Grande Maîtresse de la GLFF. Une fois ces querelles dissipées, il est probable que les frères et sœurs les plus militants descendront dans la rue pour renforcer le camp des défenseurs du mariage gay. Ils devraient aussi se mobiliser pour soutenir les projets sur l’accompagnement médicalisé de la fin de vie, afin d’aller plus loin que les dispositions strictes prévues par la loi Leonetti de 2005. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a confié une mission sur le sujet au Pr Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique. Favorables à cette évolution, les loges du GO, de la GLFF et du Droit humain ont déjà planché sur cette question. «Nous avons transmis notre texte sur l’exception d’euthanasie au Pr Sicard et aux parlementaires», explique Jacques Samouelian, le président du Droit humain, satisfait des premières réactions positives. Les frères de la Grande Loge de France (GLDF) ont également fait part de leurs réflexions à qui de droit. Ces obédiences sont moins tapageuses que le GO, mais presque aussi efficaces… –

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    Un « Observatoire de la laïcité » en 2013

    AFP Mis à jour le 09/12/2012 à 14:07

    publié le 09/12/2012 à 13:41

    François Hollande a annoncé aujourd’hui la mise en place en 2013 d’un « Observatoire national de la laïcité », chargé notamment de formuler des propositions sur la transmission de la morale publique à l’école, selon un communiqué de l’Elysée.

    Le président de la République a fait cette annonce le jour anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 et à l’occasion de la remise des insignes d’officier de la Légion d’honneur au sociologue des religions Emile Poulat. François Hollande « a saisi cette occasion pour rappeler que la loi de 1905 permet de répondre aux enjeux du temps présent et il a annoncé la mise en place en 2013 de l’Observatoire national de la laïcité, dont le principe est acquis depuis huit ans sans avoir jamais été traduit », indique l’Elysée.

    « L’observatoire aura aussi la charge de formuler des propositions sur la transmission de ‘la morale publique’ pour lui donner une place digne d’elle au sein de l’école », ajoute la présidence de la République.

    En septembre, le ministre de l’Education Vincent Peillon avait annoncé la mise en place d’une mission sur la transmission de la « morale laïque » à l’école, qui deviendrait une discipline à part entière. Fin 2003, le président de la République de l’époque, Jacques Chirac, avait promis la mise en place d' »un Observatoire de la laïcité », mais ce projet n’est pas allé au bout.

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  • melusinefee dit :

    en lisant point commun : tremblement et tremblement de terre, la morale de l’Histoire, fraternité, équipe, Nouveau Monde et le Serpent à Plumes… entre autre… renversement , retournement, la table , 10 commandements… des images qui défilent.., la tour Dieu, la chute… et puis la carte avec l’étoile ; l’espoir

  • melusinefee dit :

    je retrouve aussi les baleines
    monney et tiroir caisse.. un paquet de billets en somme..

  • Drenagoram dit :

    Vatileaks :

    Benoît XVI gracie son ex-majordome, condamné à 18 mois de prison

    AFP et Reuters

    Mis à jour le 22/12/2012 à 13:40 | publié le 22/12/2012 à 13:18

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    Le pape Benoît XVI a gracié samedi son ancien majordome Paolo Gabriele, condamné en octobre pour avoir subtilisé des documents secrets du Vatican, a annnoncé le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi.

    « Le Saint-père, dans un acte très paternel, s’est rendu en personne auprès de Paolo Gabriele pour lui communiquer qu’il lui avait accordé sa grâce », a dit le père Lombardi à la presse. La rencontre a duré un quart d’heure environ, selon le Vatican.

    Le Saint-Siège a promis de trouver un emploi à Paolo Gabriele en dehors du Vatican et à entamer une nouvelle vie. Arrêté en mai par la police du Vatican, Paolo Gabriele a été condamné le 6 octobre à dix-huit mois de prison d’avoir subtilisé des documents confidentiels dans les appartements pontificaux et de les avoir transmis à la presse.

    Agé de 46 ans, père de trois enfants, il a expliqué aux enquêteurs avoir voulu « créer un choc » pour « ramener l’Eglise dans le droit chemin ». Selon lui, le pape n’était pas « suffisamment informé » de ce qui se passait au sein de l’Eglise catholique.

    Le pape a également gracié un deuxième employé du Vatican, Claudio Sciarpelletti, complice présumé de Paolo Gabriele, un informaticien condamné à deux mois de prison avec sursis le mois dernier pour entrave à la justice dans la même affaire du « VatiLeaks ».

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  • Drenagoram dit :

    Ce Suisse qui nettoie les finances du Vatican

    Sylvain Besson

    Le Fribourgeois René Brülhart vient d’être nommé à la tête de l’organisme anti-blanchiment du Saint-Siège. (DR)

    René Brülhart dirige l’organisme anti-blanchiment de la cité papale. Son premier défi: assainir la relation exécrable, dans ce domaine, du Saint-Siège avec l’Italie

    LES LIENS
    Pour faire carrière, mieux vaut passer par Vaduz
    Rapport du Conseil de l’Europe critiquant les lacunes des lois anti-blanchiment au Vatican (PDF, en anglais)
    Travailler dans un palais Renaissance à quelques mètres du pape, se retrouver seul dans la nuit romaine, à la sortie du bureau, devant le dôme colossal de Saint-Pierre… Et plonger dans les circuits financiers plutôt opaques du Vatican. C’est désormais le quotidien de René Brülhart, nommé le mois dernier à la tête de l’Autorité d’information financière (AIF), l’organisme anti-blanchiment du Saint-Siège. Sa mission s’annonce aussi inhabituelle que périlleuse.

    Dans l’univers un peu gris des gendarmes financiers internationaux, ce Fribourgeois de 40 ans se démarque par un look soigné qui l’a fait comparer à James Bond. «Il est loyal, discret, indépendant, et il sait dire des choses désagréables de façon assez douce», explique l’un de ses anciens collègues.

    Jusqu’à l’été dernier, il dirigeait le bureau d’annonces anti-blanchiment du Liechtenstein. Ses relations dans la très catholique principauté – la famille princière est très bien introduite au Vatican – l’ont sans doute aidé à décrocher son nouveau poste. Sa nomination vise à restaurer la crédibilité du Saint-Siège sur la scène financière internationale.

    Dire qu’elle a été mise à mal ces derniers temps est un euphémisme. La première loi anti-blanchiment de l’histoire de la papauté, introduite en 2010, a été si mal formulée qu’il a fallu la réécrire quelques mois plus tard. En mai, Ettore Gotti Tedeschi, directeur de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), qui gère la fortune de l’Eglise et des congrégations catholiques, a été poussé à la démission. Il s’est dit menacé de mort après avoir été interrogé dans une affaire de blanchiment.

    «Le Vatican a très mal commu­niqué dans cette affaire, préférant comme souvent ne rien dire», observe un connaisseur du Saint-Siège, qui décrit Ettore Gotti Tedeschi comme un «excentrique parlant de lui à la troisième personne». A l’automne, le prédécesseur de René Brülhart à la tête de l’AIF, Francesco De Pasquale, a été à son tour «placardisé» et écarté de toutes fonctions exécutives.

    Depuis deux ans, le Vatican est la cible de sanctions financières italiennes qui obligent les banques de la Péninsule à exercer une «vigilance accrue» dans leurs relations avec le micro-Etat. L’Italie se plaint de difficultés dans l’entraide avec le Saint-Siège: «Dès qu’un flux financier vers le Vatican est repéré, cela donne lieu à des crispations politiques et diplomatiques, observe Claudio Foglini, spécialiste de la criminalité économique chez Scalaris. L’entraide est plus difficile entre le Vatican et l’Italie qu’entre l’Italie et la Suisse.» Améliorer les relations entre les deux Etats est la première priorité de René Brülhart – un travail que son statut d’Helvète neutre devrait faciliter.

    Plus petit Etat du monde avec seulement 595 habitants, le Vatican ne compte qu’une seule institution financière digne de ce nom, l’IOR, qui gère 6,3 milliards d’euros. En novembre 2011, ce dernier comptait 20 772 clients, dont 37 membres de la famille du pape, 1604 évêques et 128 monastères, couvents ou abbayes. René Brülhart doit passer au crible ces comptes, poser des questions à leurs détenteurs pour savoir qui les utilise vraiment, et repérer les transactions potentiellement suspectes. Selon Claudio Foglini, le Vatican présente des risques réels en matière de blanchiment, en raison de son parc immobilier imposant, surtout en Italie, de son réseau dans les pays les plus improbables et de l’absence d’une culture de transparence financière.

    Jusqu’à aujourd’hui pourtant, le Vatican n’a jamais ouvert d’enquête pour recyclage d’argent sale – un état de fait qui pourrait ne pas résister longtemps au zèle de René Brülhart.

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  • Morpheus dit :

    16:04 « Un coup de tonnerre dans un ciel serein »

    Le doyen des cardinaux Mgr Angelo Sodano a qualifié l’annonce de Benoît XVI de « coup de tonnerre dans un ciel serein ». Peu après l’intervention du Souverain Pontife, lundi à Rome, les deux hommes se sont salués.

    Source

  • melusinefee dit :

    Ici le 13 … après avoir vu ce que le 11 pouvait donner. et hier j’ai appris que le 11 a aussi un rapport avec Carnaval et les masques, ici c’est le Prince Carnaval qui prend place.. pour chasser le sombre Hiver.. et le mat qui ne mène nul part.

  • Chateau d'YS dit :

    Il faut que je vienne lire ce billet – le sujet m’intéresse ! bys de l’a myss 😉

  • Morpheus dit :

    Vatican: nouveau président de la banque

    Publié le 15/02/2013 à 13:10

    L’allemand Ernst von Freyberg, un avocat membre de l’Ordre de Malte, a été nommé aujourd’hui à la tête de l’IOR, la banque du Vatican, privée de président depuis le limogeage d’Ettore Gotti Tedeschi en mai 2012, a annoncé le porte-parole du Saint-Siège.

    La décision a été prise par la Commission cardinalice de surveillance de l’Institut pour les affaires religieuses (IOR) à l’issue d’une « profonde évaluation et d’une série d’entretiens qui ont duré plusieurs mois », selon un communiqué. Elle a reçu « l’assentiment du pape », qui vit ses derniers jours à la tête de l’Eglise catholique, avant sa démission historique le 28 février.

    Au cours d’une conférence de presse, le père Federico Lombardi a précisé qu’y avait « 40 candidats ». L’Ior est un point névralgique des tensions qui agitent le Saint-Siège à propos de sa transparence, notamment financière. Il a été le théâtre au cours de son histoire de plusieurs scandales retentissants, le plus grave impliquant en 1982 la loge maçonnique illégale (P2), la CIA et la mafia.

    Son patrimoine est évalué à environ 5 milliards d’euros et ses clients sont les prêtres, religieuses, conférences épiscopales, fondations et ministères répartis dans le monde entier.
    Début juillet, un rapport de Moneyval (le groupe d’experts du Conseil de l’Europe compétent sur les questions de recyclage d’argent), avait estimé que les autorités vaticanes avaient accompli « un très long parcours en un laps de temps très court », même que du travail restait à faire.

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  • Drenagoram dit :

    Encyclique Lumière de la foi :

    les principaux thèmes abordés

    Par lefigaro.fr

    Mis à jour le 05/07/2013 à 15:20 Publié le 05/07/2013 à 15:15

    Lumière de la foi, première encyclique écrite par deux papes (Benoît XVI puis François) est la 297ème de ces lettres, inaugurées en 1740 par le pape Benoît XIV. Extraits.

    La foi est-elle un obscurantisme?

    «La foi a fini par être associée à l’obscurité (…). L’espace pour la foi s’ouvrait là où la raison ne pouvait pas éclairer, là où l’homme ne pouvait plus avoir de certitudes. Alors, la foi a été comprise comme un saut dans le vide que nous accomplissons par manque de lumière, poussés par un sentiment aveugle ; ou comme une lumière subjective, capable peut-être de réchauffer le coeur, d’apporter une consolation privée, mais qui ne peut se proposer aux autres comme lumière objective et commune pour éclairer le chemin. (…) Ainsi, l’homme a-t-il renoncé à la recherche d’une grande lumière, d’une grande vérité, pour se contenter des petites lumières.(…) Aussi, il est urgent de récupérer le caractère particulier de lumière de la foi (…) en un temps où l’homme a particulièrement besoin de lumière.»
    La foi est-telle une idolâtrie?

    «L’idole est un prétexte pour se placer soi-même au centre de la réalité, dans l’adoration de l’oeuvre de ses propres mains. Une fois perdue l’orientation fondamentale qui donne unité à son existence, l’homme se disperse dans la multiplicité de ses désirs. Se refusant à attendre le temps de la promesse, il se désintègre dans les mille instants de son histoire. Pour cela, l’idolâtrie est toujours un polythéisme, un mouvement sans but qui va d’un seigneur à l’autre. (…) Dans la mesure où la foi est liée à la conversion, elle est l’opposé de l’idolâtrie ; elle est une rupture avec les idoles pour revenir au Dieu vivant, au moyen d’une rencontre personnelle. Croire signifie s’en remettre à un amour miséricordieux qui accueille toujours et pardonne, soutient et oriente l’existence, et qui se montre puissant dans sa capacité de redresser les déformations de notre histoire.»
    Que change la foi au Christ?

    «La foi non seulement regarde vers Jésus, mais regarde du point de vue de Jésus, avec ses yeux: elle est une participation à sa façon de voir. Dans de nombreux domaines de la vie, nous faisons confiance à d’autres personnes qui ont des meilleures connaissances que nous. Nous avons confiance dans l’architecte qui construit notre maison, dans le pharmacien qui nous présente le médicament pour la guérison, dans l’avocat qui nous défend au tribunal. Nous avons également besoin de quelqu’un qui soit digne de confiance et expert dans les choses de Dieu. Jésus, son Fils, se présente comme celui qui nous explique Dieu.»

    La foi est-elle vraie?

    «Dans la culture contemporaine, on tend souvent à accepter comme vérité seulement la vérité de la technologie. (…) D’autre part, il y aurait ensuite les vérités de chacun, qui consistent dans le fait d’être authentiques face à ce que chacun ressent dans son intériorité (…). La grande vérité, la vérité qui explique l’ensemble de la vie personnelle et sociale, est regardée avec suspicion. (…) Il reste alors seulement un relativisme dans lequel la question sur la vérité de la totalité, qui au fond est aussi une question sur Dieu, n’intéresse plus. Il est logique, dans cette perspective, que l’on veuille éliminer la connexion de la religion avec la vérité, car ce lien serait la racine du fanatisme, qui cherche à écraser celui qui ne partage pas la même croyance. Nous pouvons parler, à ce sujet, d’un grand ou¬bli dans notre monde contemporain.»
    La foi est-elle intransigeante?

    «Étant la vérité d’un amour, ce n’est pas une vérité qui s’impose avec violence, ce n’est pas une vérité qui écrase l’individu. Naissant de l’amour, elle peut arriver au coeur, au centre de chaque personne. Il résulte alors clairement que la foi n’est pas intransigeante, mais elle grandit dans une cohabitation qui respecte l’autre. Le croyant n’est pas arrogant ; au contraire, la vérité le rend humble, sachant que ce n’est pas lui qui la possède, mais c’est elle qui l’embrasse et le possède. Loin de le raidir, la sécurité de la foi le met en route, et rend possible le témoignage et le dialogue avec tous.»
    La foi divise-t-elle la société?

    «Si nous ôtons la foi en Dieu de nos villes, s’affaiblira la confiance entre nous. Nous nous tiendrions unis seulement par peur, et la stabilité serait menacée. (…) La foi éclaire la vie en société. Elle possède une lumière créative pour chaque mouvement nouveau de l’histoire, parce qu’elle situe tous les événements en rapport avec l’origine et le destin de toute chose dans le Père qui nous aime».

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  • Drenagoram dit :

    Le Pape François choisit son bras droit

    Par Jean-Marie Guénois
    Publié le 31/08/2013 à 13:09

    Mgr Pietro Parolin, en mars 2007.

    Le pape a posé l’un des actes les plus importants depuis son élection en choisissant, samedi, un premier ministre relativement jeune et très respecté dans le milieu ecclésial, Mgr Pietro Parolin.

    Le Pape François vient de procéder à la nomination la plus délicate de son pontificat. Il a choisi Pietro Parolin, un Italien de 58 ans, comme premier ministre. Il remplace le cardinal Tarcisio Bertone, 78 ans, mais qui n’a pas toujours été à la hauteur de cette fonction centrale de l’Eglise catholique qu’il a occupée pendant sept ans et dont le pontificat de Benoît XVI a objectivement pâti.
    La leçon a porté. Le Pape François a pris le temps de choisir son «Secrétaire d’Etat», désignation officielle de son bras droit. Il lui faut un homme de taille pour gouverner l’Eglise dans son administration ordinaire mais pour l’aider avant tout à mener à bien la réforme redoutée de la curie romaine. Et celle de la banque du Vatican…
    Il a donc d’abord opté pour un prélat inhabituellement jeune pour une telle fonction. C’est même un record historique. Son travail consiste à assumer le gouvernement quotidien et temporel – mondial – de l’Eglise catholique, interne et externe. Il a donc sélectionné un Italien car cette responsabilité requiert une fine connaissance des rouages de la curie romaine, de ses coutumes et langages codés que seule une culture italienne permet de pénétrer.
    Il l’a surtout pris parmi le corps des nonces apostoliques, ce qui est un retour à la normale. Ces ambassadeurs du pape sont en réalité les énarques de l’Eglise. Beaucoup attribuaient d’ailleurs les carences du cardinal Bertone à ce niveau de responsabilité au fait qu’il n’était justement pas issu de cette élite cléricale. Ses membres sont en effet rompus à une intense expérience internationale. Ils sont aussi formés à l’art de gérer très efficacement les affaires délicates mais sans crises inutiles. Une alchimie toute catholique qui allie souplesse, patience et… fermeté.
    La confiance de Benoît XVI

    Mais Mgr Parolin n’est pourtant pas un nonce anodin. S’il a été nommé il y a quatre ans ambassadeur du pape au Venezuela d’Hugo Chavez c’était pour sa capacité à faire valoir les intérêts de l’Eglise dans un contexte national difficile. Il avait la confiance de Benoît XVI qui l’avait lui-même ordonné évêque.
    Dans les couloirs du Vatican, deux interprétations radicalement opposées expliquaient toutefois cet «éloignement» de Rome. Ce brillant sujet proche de l’ancien secrétaire d’Etat le cardinal Angelo Sodano n’était pas forcément dans l’esprit de l’équipe Bertone alors au pouvoir. Il pouvait faire de l’ombre à certains. D’autres estimaient au contraire que ce passage dans une importante nonciature latino-américaine pouvait le préparer aux plus hautes fonctions.
    Car avant de partir Mgr Parolin exerça en effet avec un rare brio la fonction de «Sous-secrétaire pour les relations avec les Etats» de 2002 à 2009. C’est-à-dire de ministre des Affaires étrangères adjoint. Tout d’abord sous la responsabilité de très réputé cardinal Jean-Louis Tauran dont il est un disciple en matière diplomatique, puis avec Mgr Lajolo et enfin avec l’actuel ministre des Affaires étrangères, le Français Mgr Dominique Mamberti.
    Un bourreau de travail

    De l’avis de tous, ce bourreau de travail, toujours remarquablement informé, excella dans ce poste. Cette expérience globale lui a donné une vision panoramique de tous les problèmes internationaux. Elle complétait deux longs séjours en nonciature au Nigéria et à Mexico. Et un rôle de conseiller diplomatique à la curie où il a suivi de près l’Espagne et… l’Italie.
    C’est dire la capacité politique de ce prélat, natif de Schiavon, près de Vincenza au nord Est de l’Italie, non loin de Venise, à qui l’Eglise a confié, très tôt, de hautes charges et qui impressionne ses interlocuteurs par sa capacité à analyser synthétiquement les situations sans éluder aucun aspect des problèmes, sachant se mettre à la place de tous les protagonistes.
    Mgr Parolin qui parle italien, anglais, français et espagnol a aussi travaillé très activement sur les dossiers des relations bilatérales les plus difficiles du Saint-Siège. Avec Israël en premier lieu. Avec la Chine également: il a été l’inspirateur de la fameuse lettre de Benoît XVI aux catholiques chinois en mai 2007 qui l’opposa au cardinal Zen de Hong-Kong car Parolin a toujours promu une politique de réconciliation entre l’Eglise officielle et l’Eglise souterraine. Cette expertise qui lui sera aujourd’hui très utile pour conseiller le pape François, jésuite donc soucieux d’un rapprochement avec la Chine.
    Une «pointure»

    Mgr Parolin, médiateur hors pair, est aussi allé très loin dans les discussions apparemment impossibles mais qu’il a su rendre utiles avec l’Iran et le Vietnam où il s’est rendu à plusieurs reprises. Toujours pour le compte du Saint-Siège il a aussi travaillé dans des négociations internationales pour la non-prolifération des armes nucléaires. Il revient enfin de Caracas, avec un bilan remarqué alors que les relations entre le président Chavez et l’Eglise institutionnelle n’étaient pas évidentes.
    C’est donc une «pointure» que le Pape François a choisi et qui devrait s’imposer sans trop de difficultés au sein de la Curie où il va devoir conduire un profond de changement de mentalité et de méthode de travail. Tout en transformant la fonction même de Secrétaire d’Etat, moins pensée comme un pouvoir pyramidal et écran, éloignant le Pape de ses cardinaux et ministres, mais davantage voulue comme lieu d’échange pour une gouvernance plus collégiale de l’Eglise sur le modèle d’une chancellerie qu’elle fut à une époque.
    Mgr Parolin entrera d’ailleurs en fonction le 15 octobre, deux semaines après l’importante réunion à Rome des huit cardinaux – non résidents au Vatican mais issus du monde entier – à qui le Pape François a demandé de préparer … la réforme de la curie romaine. Le calendrier de sa nomination a été organisé pour qu’il accompagne, dès sa prise de fonction, cette nouvelle ère de gouvernance désirée par le Pape François.
    L’Eglise doit « contribuer à résoudre les grands problèmes actuels, tels que la pauvreté, la justice sociale, la coexistence pacifique »
    Mgr Parolin, avant l’élection de François
    Très à l’aise avec la presse qu’il sait utiliser et dont il n’a pas peur contrairement à beaucoup de hauts prélats romains, Mgr Parolin accorde volontiers des interviews. Il n’avait pas caché, avant le conclave de mars dernier dans la presse vénézuélienne la nécessité pour lui qu’un pape d’origine latino-américaine soit désormais élu pour «donner une forte impulsion à l’évangélisation de notre temps» et pour que l’Eglise puisse «contribuer à résoudre les grands problèmes actuels, tels que la pauvreté, la justice sociale, la coexistence pacifique».
    Pour l’anecdote il est arrivé que Mgr Pietro Parolin, soit perçu dans certains milieux exaltés comme le futur et «dernier» pape dont parle la soi-disant prophétie de Malachie et qui s’appellerait «Pierre le romain». Il est en effet l’un des rares hauts prélats de curie à porter le prénom du chef des apôtres!
    Une coïncidence qui n’a strictement aucun sens pour lui, sinon le patronage de Saint Pierre reçu à sa naissance, dans une famille très chrétienne et qui a toujours eu les pieds sur terre. D’autant qu’il perdit son père, marchand de matériel agricole, dans un accident automobile. Le jeune Pietro était alors âgé de dix ans. Quatre ans plus tard il entrait au petit séminaire. Croyant profond, il a ainsi sobrement commenté, samedi, sa nomination depuis le Venezuela: «c’est une surprise de Dieu dans ma vie».

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  • Harmony dit :

    Bonsoir NéO.
    Je n’ai point tout lu mais le sujet m’intéresse.Je repasserai quand j’aurai le temps de mieux assimiler tous les écrits.Le Vatican cache bien son jeu et peu de choses filtrent.Je ne crois pas au représentant de dieu sur terre.Pourquoi un état dans l’état et aussi riche?Pourquoi dire aux autres,ce qu’ils ne font pas………………
    A bientôt pour continuer à en débattre.
    Douce soirée.

    • Drenagoram dit :

      Bonsoir Harmony ,

      Bienvenue donc en lumières , d’événements forts bien sombres ,
      Hélas la part du nombre , gangrène celle d’une voie claire ,
      Les Justes sont sans mystères , levant le voile des Ombres ,
      Cette nouvelle Tour dénombre , des actes ma foi sincères.
      ~
      NéO~
      ~
      Becs à suivre….

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